De la montagne a votre plan de travail
Aujourd’hui, je voudrais vous expliquer rapidement comment nait votre plan de travail, votre salle de bains en marbre ou votre sol en granit. Avoir les idées claires à ce sujet permet de mieux comprendre le raisonnement et les calculs d’impact environnemental de la pierre naturelle. Cette question fera l’objet d’un autre billet.

Que ce soit le granit, le marbre, la pierre calcaire ou toute autre roche, tout commence dans une montagne, mais une fois que la pierre est extraite, seul un tout petit pas est fait et le chemin est long jusqu'à votre salon, votre terrasse ou votre cuisine !

Schématiquement il faut retenir trois grandes phases dans le processus de fabrication d’un revêtement en pierre naturelle : l’extraction (dans la carrière), la transformation (dans les usines) et la mise en place chez vous.

L’extraction : la plupart des carrières de granit et marbre sont à flanc de colline, c’est à dire que la pierre est extraite d’un flanc du relief, en progressant horizontalement. Ce sont les cicatrices dans les collines que l’on voit dans les régions d’extraction, comme à Carrare (Italie) ou sur l’Ile de Thassos en Grèce.
La progression de la fouille peut aussi être verticale : dans ce cas, ce sont des carrières en forme de puits qui progresse verticalement dans la roche. Il existe aussi des carrières exploitées comme des mines : la roche est extraite le long de couloirs souterrains, comme du charbon.
La pierre naturelle est extraite en général sous forme de blocs, c’est à dire d’énormes cubes de marbre ou granit de taille variable selon l’équipement de la carrière et le type de roche. Pour du granit, il est courant d’extraire des blocs de 6mx4mx4m voire plus. Ces blocs trop lourds et volumineux sont ensuite recoupés sur place afin de pouvoir être transportés par des camions conventionnels.
Comment coupe-t-on les blocs ? Le temps du prélèvement à l’explosif est heureusement révolu, car il provoque des pertes de matière importantes. Aujourd’hui on procède par coupe au fil, à la scie circulaire et en fragilisant la roche le long de la ligne de casse en y perçant des trous a l’aide de gros forets.
L’objectif étant de limiter les pertes de granit ou de marbre, on essaie d’extraire des blocs aussi réguliers que possible.
Que fait-on des chutes (inévitables !) ? Le plus souvent, les fragments de marbre ou granit sont concassés et utilisés pour remplir des cavités inexploitables de la carrière.
Les outils utilisés pour toutes ces opérations sont en majorité mues par des moteurs a explosion, mais l’électricité est de plus en plus présente dans les carrières.

Une fois re-dimensionnés, les blocs de pierre naturelle sont chargés sur des camions et acheminés vers les usines de transformation. La plupart des blocs sont alors coupés en tranches fines : 2 ou 3 cm d’épaisseur et une taille de 2mx2m le plus souvent. Seuls les blocs de granit destinés à la fabrication des monuments (type tombes) ou les blocs de marbres destinés à la statuaire sont naturellement conservés intacts jusqu'à ce que leur utilisation finale soit décidée.
Suivons les tranches fines, destinées au dallage de pierre, pour les revêtements de sol et de mur, ainsi que pour les plans de travail.
Ces tranches de marbre, granit ou toute pierre naturelle sont enduites de résine, hydrofuge ou autres pour améliorer les performances techniques de la pierre. Certaines pierres (travertin, Botticino) ont parfois des cavités qu’il faut reboucher, ce qui est fait à la résine ou au ciment, selon les pierres et selon l’usine.
L’étape suivante est le polissage. La plupart des tranches sont polies, même si le dallage ou le plan de travail au final seront finalement adoucis, bouchardés ou flammés. Cela permet de mettre en évidence les éventuels défauts de la pierre.
Le stockage à grande échelle se fait en général sous cette forme : les usines conservent des milliers de tranches polies et les vendent selon les besoins.
C’est la fin de la transformation primaire. La transformation secondaire consiste a donner a la pierre sa forme quasiment finale. Les dalles ou les plans de travail sont alors découpés : 30,5x30,5, 40x40, 60x60, 80x60 etc… Souvent, l’épaisseur est aussi  revue pour faire des plaques de 1cm, ou 1,2cm par exemple. On fait alors un dernier passage pour la finition : re-polissage final, adoucissement, flammage, brossage… Il n’y a pas de limite. C’est aussi lors de cette étape que l’on fait éventuellement un chanfrein sur les arrêtes vives des carreaux.
Après conditionnement sur des palettes renforcées, les dalles ou les plaques sont alors expédiées au distributeur ou au poseur qui accomplira les derniers ajustements de détail pour que la pierre s’intègre parfaitement à votre intérieur.

On voit bien qu’entre l’outillage lourd employé par les carrières et l’électro-portatif des artisans locaux, il y a un monde, mais tous font partie de la chaine de création de votre marbre !