Taille et épaisseur : le compromis (27/12/2007)
On nous demande souvent des carreaux de marbre ou de granit d’une taille précise, mais on nous précise rarement l’épaisseur. “L’intendance suivra”? Pas tout à fait; toutes les pierres ne sont pas égales
donc avant de choisir une taille de carreaux, il faut se poser quelques questions.

Il est important d’avoir les bonnes réponses car au final, une pierre plus épaisse sera plus chère à produire
et à transporter. D’où l’intérêt de trouver le bon compromis.
On peut comprendre intuitivement que plus un carreau est grand, plus il devra être épais pour ne pas être
cassant. Ainsi, un carreau de 305x305mm pourra facilement être produit en 10mm d’épaisseur;
en revanche, un carreau dans la même pierre en 600x300 devra être plus épais. Toutefois, allons plus loin…

1- Découpe et type de pierre : il est clair que plus une pierre est dure, plus elle supportera d’être coupée en tranche fine. Ainsi, le granit pourra être coupé plus fin que le marbre (à taille de carreau égale). Il faut aussi prendre en compte la densité et la présence de veinage accentué ou non, qui sont autant de lignes de cassure. Ainsi, le Marfil doit etre coupé plus épais que le Carrare. Egalement, l’Emperador, très veiné, doit souvent être renforcé par un filet contre-collé sur la sous-face.
A contrario, l’ardoise supportera des épaisseur fines pour des carreaux de grande dimension car l’ardoise est coupée parallèlement à ses lignes de fracture, ce qui la rend moins vulnérable.
Il n’y a pas de règle générale dans ce domaine : chaque pierre a sa spécificité.

2- Le transport : le maillon faible dans le cycle des carreaux fins est le transport. Une fois en place, un carreau, même très fin, ne craint presque plus rien s’il est correctement collé sur un support stable.
En revanche, le taux de casse durant le transport est directement proportionnel au rapport taille/épaisseur.

3- Finition : les finitions sont appliquées après que la plaque a été coupée à l’épaisseur désirée. Or il faut savoir que certaines finitions sont plus stressantes que d’autres pour la pierre.
Si les finitions polies et adoucies sont moyennement punitives pour la pierre, les finitions vieillies sont souvent sources de casses importante si l’épaisseur n’est pas suffisante. Ainsi, certains carreaux sont passés
dans un véritable tambour (comme dans une machine a laver) : si l’épaisseur n’est pas suffisante,
le taux de casse sera inacceptable pour l’usine. De la même facon, une finition “flammée”
implique physiquement un passage au chalumeau… si la pierre n’est pas assez épaisse, elle explosera.

4- L’application : les dalles béton des maisons modernes sont largement suffisantes pour supporter des épaisseurs importantes, mais est-ce utile? Si la pose est faite correctement (encollage homogène sur une chappe rigide), accroître l’épaisseur de chaque carreau n’appporte aucun surcroît de solidité; c’est simplement inutile.
A contrario pour les murs, le poids des carreaux est non négligeable et pourrait provoquer un afaisement.
On dépasse donc rarement les 10mm d’épaisseur pour les revêtements muraux.

5- La pose : la mode est aux grands carreaux. Très bien. Mais le gigantisme a ses limites :
le dos du carreleur! Même si l’effet esthétique est intéressant, et meme si c’est techniquement réalisable,
il n’est pas raisonnable de vouloir manipuler des carreaux de 800x800x25 en granit par exemple,
car leur poids serait d’approximativement… 48kg !

Dans les épaisseurs de carreaux, comme pour les tailles, le bon sens doit nous guider !